Le Kyusho Jutsu

Kyusho jutsu en Kanji

急所 (kyûsho) : point tendre, point vulnérable... mais aussi point vital (dans le sens endroit stratégique où jouer dans le jeu de GO)
急 : rapide, pressant, urgent
所 : place, localisation, endroit, point

術 (jutsu) : technique, méthode

Kyûsho jutsu est la méthode qui comprend l'ensemble des techiques de l'utilisation des points de pression.

Un peu d'Histoire liée au Kyûsho Jutsu:

Cette histoire concerne la partie shuri-te et tomari-te du karatedô. La partie nahate (gôjû-ryû, Uechi-ryû, Kingai-ryû, to'on ryû, kônan-ryû, etc.) n'ont pas perdu les liens avec leur origine chinoise (du sud de la Chine: Fujian/Fukien). Pour des raisons historiques, linguistiques le mot karate employé à l'époque d'avant 1900 avait une autre signification. Ainsi que ce soit: Karate (ou Kara Te), Tote (ou To Te), Tode (ou To De), Tangte (ou Tang Te), ou "tûdi" dans le dialecte okinawaien, on parle de la même chose: le poing de Chine. Qui est appelé aussi Ryukyu kenpô pour les raisons expliquées ci-dessous.

L'art que nous connaissons sous le nom de karate s'est développé dans l'archipel des Ryukyu, une chaîne d'îles entre le Japon et la Chine. La plus grande de ces îles est Okinawa, c'est pourquoi les termes ryukyu et Okinawa sont interchangeables. Etant donné la localisation les ryukyus sont devenu un point de rencontre entre les cultures japonaises et chinoises.

- En 1393 une mission culturelle et économique chinoise s'est établit à Okinawa. Ainsi les Okinawaiens bien-élevés apprirent à parler et à écrire le chinois. Il y avait aussi des cadres okinawaiens dans l'administration du gouvernement chinois et qui voyagèrent de nombreuses fois en chine pour approfondirent leurs études. En ce sens les okinawaiens devinrent familiers avec la culture chinoise, incluant les méthodes de boxes chinoises. De nos jours les boxes chinoises sont appelées "kung fu" mais le nom originel était "chuan fa" ou "Quan Fa" ("première méthode") que l'on appelle "kenpô" dans le dialecte d'Okinawan.

- En 1507 les circonstances évoluèrent et furent particulièrement au développement du kenpô à Okinawa. A cet époque le deuxième roi d'Okinawa, Sho Shin-O, a mis fin au féodalisme dans le royaume de ryukyu et a unifié les îles. Une partie des réformes de Sho Shin-O’s était d'interdire les possessions personnelles d'armes. De ce fait , les méthodes de self-défense avec une majeur partie de combat à main nue sont, bien naturellement, devenu très prisées. Comme le kenpô est un système de combat basé sur des techniques à mains nues (même les techniques de kenpô utilisant des armes sont basées sur des mouvements à mains nues, alors que les arts de combat japonais à mains nues sont basées sur des techniques utilisant des armes) il a trouvé un terrain fertile sur lequel se développer.

- En 1609, les samourais japonais du clan Satsuma envahissent et s'emparent d'Okinawa. Alors que la monarchie de Ryukyu continue à exister, elle reste sous la coupe des Satsuma jusqu'à ce que le trône abdique en 1879 (au moment où Okinawa devienne officiellement une partie du Japon). Résultant de la présence Samourai la pratique du kenpô devint clandestin et l'art grandit en secret. Les japonais avaient apporté avec eux leurs propres arts des champs de bataille propre aux samourais (bujutsu). Les arts martiaux Okinawaiens devinrent familiers avec ces techniques at adoptèrent certaines de leurs méthodes jusqu'à évoluer vers une version ryukyu du kenpô chinois.

En plus de la présence du kenpô chinois et du bujutsu japonais, les okinawaiens possédaient aussi un art de combat indigène connu sous le nom de "te" (ou "ti", qui signifie "main"). C'était l'art de la garde royale, et consistait en des frappes sur les points de pression et des techniques lutte. Le "te" a continué a être pratiqué et existe encore de nos jours.

Une des raisons pour que le te n'ait pas plus de pratiquants, même à Okinawa, est que les méthodes ont été absorbées dans l'art martial émergeant du Ryukyu kenpô. Ainsi, le kenpô chinois a formé les bases d'un art okinawaien unique dans lequel ont été incorporées des éléments du bujutsu et des techniques de te. Comme résultat de cet entrelacement de cultures, le ryukyu kenpô était aussi appelé todejutsu, un nom qui reconnais ces sources: "to", réfere à la dynastie chinoise des Tang; "de"(te), pour l'élément okinawaien; et "jutsu", le suffixe japonais utilisé pour indiquer une discipline de combat.

Originellement, le Ryukyu kenpô tode-jutsu n'existe que pour l'unique raison de self-défense en réponse directe a divers nécessités pratiques. Par exemple, les professionnels de la sécurité qui étaient employés pour des escortes avaient besoin d'être bien instruits dans les technologies de combat. De la même façon que les gardes du corp qui assuraient la protection du roi d'Okinawa avaient besoin d'être des experts en arts martiaux pour assurer leur travail.
Les officiers de police de l'ancienne Okinawa (pas moins que leur homologues modernes) ont aussi besoin d'une méthode de combat réaliste et efficace. En addition des ces professionnels pour qui les arts martiaux étaient un de leurs "outils de travail" il y avait aussi des pratiquants d'arts martiaux civils qui étudiaient la self défense contre la possibilité de rencontre violente (un perspective très possible compte tenu de la présence de samourais armés ). A travers les generations les méthodes et les perspectives des pratiquants d'arts martiaux professionnels et civils ont fusionnées dans le développement du Ryukyu kenpô.

Parce que le Ryukyu kenpô s'est développé pour des raisons strictement pragmatiques, il a eu besoin d'être une méthode de combat efficace et pratique. Au coeur de l'approche de combat du Ryukyu kenpô se trouve deux méthodes de combat intiment liées d'une esquise efficacité: le kyusho-jutsu et le tuitejutsu. Le Kyusho-jutsu est l'art d'attaquer les points de pression (les mêmes points utilisés dans les méthodes de thérapies orientales). Des touches et des impacts sur ces points peuvent induire de la douleur, une perte de conscience, et même la mort. Le Tuite-jutsu est l'art de la manipulation des articulations. Les points de pression sont aussi utilisés dans cet art, pour contrôler et affaiblir les articulations, les rendant plus vulnérables aux attaques.

le Tuite-jutsu et le Kyusho-jutsu sont entre-liés car les point d'attaques du Kyusho-jutsu créent des opportunités pour des manoeuvres de tuite, et les techniques sur les articulations du tuite permettent des ouverture sur des coups décisifs portés aux points de pression ainsi exposés.
Les méthodes se sont transmises en secret pendant des siècles et prennent vraisemblablement racine dans l'Inde ancienne d'un art secret appelé marma adi. Le Marma Adi est basé sur des méthodes d'attaques de 108 points vitaux. Il est connu que les arts martiaux chinois ont été influencé par les arts martiaux indiens, et ainsi, il n'est pas surprenant de trouver dans le kung fu chinois deux petits composants mais de niveau avancé appelé dim mak et chin na (ou Qin'na). Dim mak (ou dim hsueh) est l'art d'attaquer les points vitaux et correspond au kyusho-jutsu. Chin na est l'art de manipuler les articulations et est relatif au tuite-jutsu.

Ensemble, le tuite-jutsu et le kyusho-jutsu font du Ryukyu kenpô un style de combat remarquable et sophistiqué qui dépend de la connaissance, de la fluidité et de la technique plutôt que de la force brute. Sans connaissance propre et sans compréhension, le Ryukyu kenpô ne peut pas fonctionner (à moins que le pratiquant soit étonnamment fort et athlétiquement pourvu, une espérance fort peu pratique). Il est alors étonnant que le kyusho-jutsu et le tuite-jutsu, les deux arts qui sont à la base des disciplines martiales d'Okinawa ont été virtuellement inconnu des pratiquants de karate moderne. Pourquoi est-ce comme cela?

Le Kyusho jutsu et le Tuite jutsu étaient enseignés en secret. De ce fait cela évitait que ces techniques passent à l'ennemi ou de transmettre ces connaissances à des gens peu recommandables. Les meilleures techniques, les plus gardées, dans la plupart des cas étaient transmises aux seuls élèves qui avaient endurés l'enseignement pendant un certain temps. Ainsi l'enseignant, qui voulait surement donner ses connaissances à leur plus fidèles elèves, la plupart du temps attendaient un long moment, avant de transmettre ces techniques. Il y a deux traditions qui permettaient de clarifier la situation.

La première est que l'élève devait supporter 10 ans de travail physique pure et passait ensuite une période de test et d'évaluation à la fin desquels lequel le "véritable" art était enseigné mais arrangé. La seconde est que l'individu devait avoir au moins 35 ans, avant que tout lui soit enseigné sur le Kyusho jutsu et le Tuite jutsu. Il est dit que dans l'année 1891 le Japon appela des hommes en bonne santé pour effectuer le service militaire. Les médecins de l'armée notèrent que deux hommes étaient extrêmement résistants. Les deux hommes leur dirent qu'ils devaient leur force et leur santé à leur entraînement de kenpô. Ce qui conduit à une enquête, pour savoir si le Ryuku kenpô était vraiment ce qui augmentait la qualité des troupes okinawaienne.

Devant l'intérêt militaire grandissant, Anko Itosu a commencé à enseigner un programme de Ryukyu kenpô à l'école, afin que les enfants puissent renforcer leur corps. Les jambes et les bras devaient être capable de bouger à la vitesse d'une flèche et le coeur devait être fort et courageux. Parce que les enfants apprenaient le Ryukyu kenpô à l'école primaire, ils étaient bien préparés au service militaire. Ce qui devait être une grande avancé pour les militaires.

Pour les raisons que le kenpô était trop dangereux pour les enfants il a été supprimé, les éléments de Kyusho jutsu et de Tuite jutsu et quelques techniques ont été modifiées afin que les enfants ne se blessent pas. Ainsi ils enseignèrent seulement "pousser", "bloquer" aux enfants. Le terme "To-De" signifiant "Main de Chine" et peut être exprimé par"KARA-TE" également.

Itosu échangea les kanji "To" et "Kara" (Chinois) avec un autre kanji kara, où kara signifie "vide". Alors le nom devint "main vide" qui a une signification plus bouddhiste. Le nouveau nom KARATEDO a été officiellement introduit 30 années plus tard. Itosu devint le père d'un nouvel art de combat.

A partir de l'art martial Ryuku kenpô Tode-jutsu issu des styles du Nord de la Chine, Itosu a développé un sport pour les écoliers, un budo que nous connaissons actuellement sous le nom de KARATEDO. Il ne fallu pas plus de 10 ans pour que toutes les écoles d'Okinawa et que le Japon prennent connaissance du KARATEDO. Les projets d'Itosu se poursuivirent et dépassèrent même ses rêves les plus audacieux. Cela ne conquit pas seulement le Japon (15 ans plus tard il a été introduit par un élève de Itosu: Gichin Funakoshi) mais il a aussi touché finalement le monde entier. parce que le KARATEDO peut être pratiqué par tout le monde, il a attiré l'attention de l'occident durant la seconde guerre mondiale. Comme l'occident n'art pas appris l'art en lui-même, ils n'étaient pas conscients des différences entre le KARATEDO et le Ryuku kenpô. Ils croyaient apprendre un art de combat et pas une discipline pour les enfants.
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